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Location et calendrier

La demande de DPE en cours de bail par un locataire selon le moment du contrat

Un locataire peut-il demander un DPE en cours de bail ? La réponse dépend du moment du bail. Repérez quand vous pouvez l’exiger et quoi vérifier sur le diagnostic.

La demande de DPE en cours de bail par un locataire selon le moment du contrat
🕐 Lecture · 10 min

Un locataire peut demander un DPE à tout moment, mais le propriétaire n’a pas toujours l’obligation de le transmettre ou d’en refaire un pendant le bail. Le point qui change tout, c’est le moment juridique, bail en cours, renouvellement ou reconduction tacite. C’est aussi ce moment qui conditionne vos droits liés à la décence énergétique et au loyer.

À retenir

La demande d’un DPE en cours de bail sert surtout à vérifier un document existant et sa validité. Un droit plus net apparaît lors d’une reconduction tacite ou d’un renouvellement, quand le DPE redevient une pièce décisive pour certains effets locatifs.

La règle de base sur le DPE en cours de bail

Le DPE est pensé pour informer le futur locataire et le locataire en place, mais l’obligation du bailleur se rattache d’abord à la mise en location et à l’annexion au bail.

Les règles de location deviennent plus simples si vous séparez trois situations qui se ressemblent en pratique, mais pas en droit.

Le propriétaire doit-il fournir un DPE pendant le bail

Le principe posé pour la location, c’est la remise d’un DPE en cours de validité au candidat à la location, puis l’annexion du DPE au contrat de bail.

En revanche, pendant le cours “normal” du bail, la réponse publiée au Journal Officiel sur l’accès au DPE indique qu’aucune obligation n’est prévue pour une transmission en continu dans le parc privé, en dehors des moments prévus par les textes.

Bon à savoir

Votre décision pratique peut se résumer ainsi. Si votre objectif est d’obtenir une copie d’un DPE qui existe déjà, vous pouvez la demander. Si votre objectif est d’imposer la réalisation d’un nouveau diagnostic, la base légale est nettement moins directe pendant le bail en cours et la discussion se joue surtout au renouvellement ou à la reconduction tacite.

La différence entre bail en cours, renouvellement et reconduction tacite

La réponse ministérielle distingue explicitement la reconduction tacite, qui ne déclenche pas une obligation “proactive” de fournir le DPE.

Dans le même temps, cette réponse ajoute un point utile côté locataire. Elle indique qu’un locataire est en droit d’exiger un DPE valide lors d’une reconduction tacite, notamment pour justifier du respect de la décence énergétique.

En clair, votre marge de manœuvre varie selon la situation.

01

Le bail vient d’être signé

Le DPE devait être joint au bail, la demande vise d’abord la remise d’une copie conforme du document annexé

02

La fin du bail approche avec renouvellement signé

Le DPE redevient une pièce de contrôle, surtout si le bailleur veut modifier certaines conditions

03

La reconduction tacite arrive

La demande d’un DPE valide prend du poids car elle sert à apprécier la décence énergétique et certains effets locatifs

Les cas où la demande devient utile pour le locataire

La demande devient réellement “utile” quand elle vous permet de trancher une question concrète, la validité du document, la décence énergétique, ou une discussion de loyer. Le DPE n’est pas seulement une note, c’est un document daté, identifié, avec une période de validité et un numéro ADEME.

Le DPE manque ou sa validité pose question

Deux cas doivent être séparés, car la stratégie n’est pas la même.

  • Le DPE existe mais vous ne l’avez pas, alors votre demande vise une transmission du document.
  • Le DPE est potentiellement non valable, alors votre demande vise une vérification de validité, notamment par son numéro ADEME à 13 chiffres, qui conditionne la validité du DPE selon la réponse ministérielle.

La confusion fréquente, c’est de transformer “je veux voir le DPE” en “je peux imposer un nouveau DPE”. Or la réponse publiée au Journal Officiel parle d’un droit à exiger un DPE valide à un moment précis, la reconduction tacite, et elle décrit un moyen de vérifier la validité à partir du numéro ADEME.

Si votre cas porte plutôt sur un diagnostic qui arrive à échéance pendant que vous êtes déjà dans les lieux, la situation se traite comme un sujet à part. Le point de méthode figure dans DPE périmé en location, car un DPE qui devient périmé ne produit pas les mêmes effets qu’un DPE absent ou jamais transmis.

Attention

Un DPE “retrouvé” n’est pas forcément un DPE valable. La réponse ministérielle retient un critère simple et vérifiable, la présence du numéro ADEME à 13 chiffres. Sans ce numéro, le DPE n’est pas valable.

La décence énergétique et la vérification du classement

La décence énergétique devient un motif concret quand vous arrivez à une étape du bail où une justification est attendue. La réponse ministérielle explique que, lors d’une reconduction tacite, le locataire peut exiger un DPE valide pour pouvoir justifier du respect de la décence énergétique.

À ce stade, la demande la plus efficace n’est pas “refaites un DPE”, mais “transmettez le DPE valide et son numéro”, car c’est cette pièce qui vous permet ensuite de situer le logement dans la classification énergétique.

Un autre point de calendrier compte aussi. La page Notaires de France rappelle que certaines interdictions liées aux classes E, F ou G s’apprécient au renouvellement ou à la reconduction tacite si le contrat en cours se poursuit.

L’augmentation de loyer face à un logement classé F ou G

La demande de DPE change souvent de nature quand il est question d’augmentation de loyer. La réponse ministérielle indique que, si le bailleur souhaite augmenter le loyer, il doit être en mesure de justifier lors du renouvellement ou de la reconduction tacite que le logement n’est pas classé F ou G.

Dans ce cadre, le DPE devient une pièce de discussion, car il porte une classe et il doit être valide.

Situation Choix Limite
Le DPE est absent au moment d’une reconduction tacite La demande porte sur un DPE valide, utile pour apprécier la décence énergétique Le droit vise la production d’un document valable, pas la certitude qu’un nouveau diagnostic sera réalisé immédiatement
Le bailleur veut augmenter le loyer au renouvellement ou à la reconduction La demande porte sur la preuve d’un logement non classé F ou G via un DPE valable La discussion se situe au moment formel où le loyer évolue, pas forcément au milieu du bail sans changement
Quand le loyer change, la question n’est pas seulement “le DPE existe-t-il”, c’est “le bailleur peut-il justifier, avec un DPE valable, la classe du logement au moment du renouvellement ou de la reconduction tacite”.

La marche à suivre pour demander le document

Une demande utile se construit pour obtenir une pièce exploitable, pas une réponse vague. La réponse ministérielle donne deux leviers concrets, le droit d’exiger un DPE valide lors d’une reconduction tacite, et la vérification par le numéro ADEME à 13 chiffres.

Pour les repères documentaires côté bailleur et locataire, les diagnostics obligatoires en location permettent aussi de resituer le DPE par rapport aux autres annexes du bail, sans mélanger les documents.

Les pièces à préparer

action rendue plus simple

demande en location privée, sans nouveau litige contentieux

La demande amiable au bailleur

Un message écrit reste la meilleure base, car il fixe votre besoin. La formulation dépend de votre cas.

  • Si le bail a été signé avec un DPE annoncé comme annexé, la demande vise une copie du DPE joint au bail, avec sa référence.
  • Si une reconduction tacite arrive, la demande vise un DPE valide, car la réponse ministérielle rattache ce moment au droit d’exiger le DPE pour la décence énergétique.
  • Si le bailleur envisage une hausse de loyer au renouvellement ou à la reconduction, la demande vise la justification de l’absence de classement F ou G au titre du DPE.

Bon à savoir

Un contenu de demande qui fonctionne bien reste factuel. Vous demandez la copie du DPE et, s’il est communiqué, son numéro ADEME à 13 chiffres. Vous précisez le moment du bail qui motive la demande, reconduction tacite, renouvellement, ou discussion de loyer.

La vérification du numéro ADEME et de la validité du DPE

La réponse ministérielle précise que les diagnostiqueurs transmettent le DPE à l’observatoire de l’ADEME et que l’ADEME délivre un numéro unique à 13 chiffres, qui doit figurer sur le DPE. Elle ajoute que, sans ce numéro d’identification, le DPE n’est pas valable.

La même réponse indique que le locataire peut vérifier la validité du DPE en renseignant ce numéro sur l’observatoire.

En pratique, cela vous donne une check-list simple. Le DPE doit exister sous forme de rapport et porter ce numéro. Si le bailleur vous transmet une simple estimation ou une capture sans numéro, vous ne tenez pas un DPE valable au sens de cette réponse.

Les pièces à préparer

Les limites à ne pas confondre avec un nouveau diagnostic imposé

Un locataire peut souhaiter “un nouveau DPE” pour clarifier la situation, mais la base la plus solide dans les textes fournis porte sur l’accès à un DPE valide à certains moments, pas sur une obligation générale de refaire systématiquement le diagnostic pendant le bail en cours.

Votre demande gagne donc à rester centrée sur le besoin prouvable.

  • Votre besoin de copie concerne un document qui devait être annexé au bail lors de la location.
  • Votre besoin de validité concerne un document identifié, avec numéro ADEME, et il devient plus “exigible” lors d’une reconduction tacite selon la réponse ministérielle.
  • Votre besoin lié au loyer concerne la justification d’un logement non classé F ou G lorsqu’une augmentation est envisagée au renouvellement ou à la reconduction.

Attention

Une demande de DPE ne se confond pas avec une demande d’audit énergétique. Notaires de France précise qu’en location, l’audit énergétique n’a pas à être fourni, contrairement aux ventes immobilières.

Les points à surveiller selon la situation du bail

Le même logement peut vous placer dans des droits différents selon la date et la manière dont le bail se prolonge. Les évolutions du DPE comptent, mais le déclencheur reste souvent un acte locatif précis, renouvellement, reconduction tacite, ou modification du loyer.

Le bail signé récemment avec DPE joint

Quand le bail a été signé avec un DPE en annexe, votre demande la plus simple consiste à obtenir une copie du document annexé, car l’obligation visée porte sur la fourniture d’un DPE en cours de validité au candidat, puis sur l’annexion au bail.

Si vous avez reçu un document, la vérification utile porte sur la validité au sens de la réponse ministérielle, avec le numéro ADEME à 13 chiffres.

Le bail ancien reconduit sans nouveau contrat

Les baux anciens créent souvent un angle mort pratique, car un DPE peut ne pas avoir été remis à l’origine. La réponse ministérielle apporte toutefois un repère de méthode côté locataire. Elle vise un droit d’exiger un DPE valide lors d’une reconduction tacite pour justifier de la décence énergétique.

Le point important, c’est la chronologie. Une reconduction tacite n’est pas une nouvelle signature, et la même réponse rappelle que le propriétaire n’a pas d’obligation de fournir “proactivement” le DPE lors de cette reconduction tacite.

Ces deux phrases ne se contredisent pas, elles vous obligent à être précis. Le locataire n’obtient pas automatiquement une transmission sans rien demander, mais une demande ciblée d’un DPE valide lors d’une reconduction tacite s’appuie sur un droit plus clair.

À retenir

Une reconduction tacite ne déclenche pas une remise automatique du DPE. En revanche, une demande explicite d’un DPE valide lors de cette reconduction est reconnue comme exigible pour la décence énergétique dans la réponse publiée au Journal Officiel.

Le logement énergivore et les effets sur le loyer

Si le sujet sous-jacent de votre demande, c’est un logement énergivore, la bonne question devient souvent celle du moment où la classe énergétique produit un effet juridique. Notaires de France rappelle que, si le contrat se poursuit, l’interdiction de louer liée à une classification E, F ou G s’applique lors du renouvellement ou de la reconduction tacite.

De son côté, la réponse ministérielle relie directement DPE et loyer, en expliquant que le bailleur doit justifier lors du renouvellement ou de la reconduction tacite que le logement n’est pas classé F ou G s’il souhaite augmenter le loyer.

Votre sortie concrète, c’est une décision binaire avant toute discussion interminable.

01

Le bailleur parle d’augmenter le loyer

Vous demandez le DPE valable et vous vérifiez qu’il permet bien de justifier l’absence de classement F ou G au moment concerné

02

Le bail se poursuit sans changement

Votre demande sert surtout à obtenir le document et à vérifier sa validité, mais elle ne déclenche pas mécaniquement un nouveau diagnostic

Les sources utilisées

  • Notaires de France — DPE et location, points clés | Notaires de France
  • questions.assemblee-nationale.fr — Accès au DPE par le locataire au cours d'un bail
Nicolas Da Silva

La rédaction Immobilier DPE

Nicolas Da Silva

Thermicien de formation et directeur de rédaction, Nicolas explique les rapports énergétiques, les échéances et les décisions de rénovation pour aider les propriétaires à préparer leur projet.

Son parcours et sa méthode de travail